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Adélaïde Gaudéchoux

C’est dans des questions de peinture avec la lumière comme élément de transformation que son travail trouve sa forme. Elle s’intéresse aux perceptions, à la mémoire des images et aux points de rencontre entre réel et fiction.

Elle amorce son travail par la collecte. Il peut s’agir d’une iconographie extraite d’archives du Net, de sites et de revues scientifiques, d’encyclopédies et d’atlas, de fonds d’archives locaux, de films de genre, de photographies personnelles ou d’objets de récolte liés à des enquêtes de terrain ou à des explorations du paysage.

C’est l’idée d’extraction et d’archive qui m’intéresse dans l’image qui servira de point de départ au travail.

Que projetons-nous sur ces objets décontextualisés et quel est leur potentiel mémoriel ?

Notre culture personnelle est faite de tout ce que l’on n’a jamais vu, mais que l’on « connaît » par des reproductions. C’est un musée imaginaire, et c’est bien la mémoire qui est à l’oeuvre dans les images.

Si souvent sa recherche se traduit par la peinture, c’est que, pour elle, le temps de la peinture, c’est le temps du regard. La peinture en tant qu’objet se regarde, de loin, de près, et devient un objet mental.

Pour chaque pièce, elle va penser un éclairage et un cadrage comme dans un espace scénique ou un diorama.

Ses expériences dans la restauration d’objets d’art et de décors peints l’ont menée à questionner la trace, l’empreinte mais aussi la minéralité des matériaux. Elle y a développé son goût pour les strates et pour les pièges optiques qui, sur les fresques, sont utilisés pour dissocier les zones de conservation des zones de restitution.

La ruine a une part d’immatériel et, lorsqu’on essaie de restituer sa forme, on essaie de comprendre.

Les questions de projection mentale et d’écran sont très actives dans son travail.

Je joue de la dématérialisation de la peinture et de l’image par la lumière, car la lumière est multiple, elle fait apparaître et disparaître.

Ses installations emmènent le regardeur sur un terrain perceptif, souvent à la frontière de l’hallucination visuelle. C’est l’oeil qui active la pièce.

Elle aime utiliser des phénomènes optiques simples, comme le passage de la vision diurne à la vision nocturne et le mélange des synthèses de la couleur ainsi que la capacité d’un objet à absorber ou non une lumière colorée.

Ces particularités physiologiques de la vision humaine lui permettent de questionner et d’expérimenter son propre rapport au réel et au temps.

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